Qui est Alexandra Masson ? Biographie, mandat et parcours politique
Le 8 avril 2026, une avocate niçoise de 54 ans prend la tête de la communauté d’agglomération de la Riviera française. Ce jour-là, elle devient la première élue du Rassemblement national à présider une intercommunalité en France. Quelques semaines plus tôt, elle avait déjà décroché l’écharpe de maire de Menton, ville qu’elle dirige aujourd’hui. Nous parlons d’Alexandra Masson, et son ascension mérite qu’on s’y arrête, car elle ne doit rien au hasard ni à un simple héritage familial. Fille d’une sénatrice, ex-épouse d’un cadre du Front national, elle aurait pu se contenter de suivre un chemin tracé. Elle a préféré construire sa propre trajectoire, avocate puis députée, avant de conquérir une ville frontalière stratégique. Voici comment cette femme a bâti, étape par étape, un parcours qui dépasse largement les étiquettes partisanes qu’on lui colle souvent trop vite.
Une avocate niçoise entre héritage familial et ambitions personnelles
Alexandra Masson naît le 2 juillet 1971 à Nice. Sa mère, Hélène Masson-Maret, a siégé au Sénat, et son père, Jean-Louis Masson, exerçait comme chirurgien. On pourrait croire que la politique lui est tombée dessus par simple filiation. Pourtant, son parcours personnel prend une autre direction au départ : elle choisit le droit, se spécialise en droit immobilier, et s’inscrit au barreau de Nice comme avocate.
Ce détour par la robe d’avocate compte, car il façonne sa manière d’aborder les dossiers publics, avec une rigueur qu’on retrouve dans ses interventions à l’Assemblée. Son mariage avec Olivier Bettati, ancien cadre du Front national et tête de liste RN aux régionales de 2015, l’ancre davantage dans les cercles politiques azuréens. Le couple se séparera plus tard, mais cette période aura laissé une empreinte durable sur son entrée en politique.
Les débuts en politique, du RPR au Rassemblement national
Son engagement démarre en 1989, chez les Jeunes du RPR. Elle y reste fidèle jusqu’en 2002, puis rejoint l’UMP, où elle milite pendant plus d’une décennie. En 1995, elle figure déjà sur une liste RPR-UDF aux municipales de Nice, un premier galop d’essai qui montre son goût précoce pour le terrain électoral.
Le virage survient en 2015, quand elle quitte l’UMP. Les raisons qu’elle avance à l’époque tiennent à un décalage grandissant entre ses valeurs et la ligne du parti. Ce genre de bascule vers le RN, on l’a vu chez d’autres cadres venus de la droite classique, mais rarement avec une trajectoire aussi rapide ensuite. Dès 2021, elle intègre le Bureau national du Rassemblement national et en devient porte-parole, une progression qui tranche avec l’image d’une adhésion tardive et prudente.
Tête de liste RN et conseillère régionale en Provence-Alpes-Côte d’Azur
En 2021, Alexandra Masson prend la tête de liste RN pour les élections régionales dans les Alpes-Maritimes. Un clin d’œil du calendrier veut que ce poste ait été occupé cinq ans plus tôt par Olivier Bettati, son ex-mari. Coïncidence ou continuité politique familiale, difficile de ne pas le relever.
Élue conseillère régionale de Provence-Alpes-Côte d’Azur le 27 juin 2021, elle siège toujours à ce titre aujourd’hui, sous la présidence de Renaud Muselier. Ses fonctions régionales couvrent plusieurs domaines, et un rapide coup d’œil sur ses mandats successifs permet de mesurer l’ampleur de son parcours institutionnel.
- Conseillère régionale de Provence-Alpes-Côte d’Azur depuis le 27 juin 2021, groupe RN
- Députée de la 4e circonscription des Alpes-Maritimes de 2022 à 2026
- Maire de Menton depuis le 28 mars 2026
- Présidente de la communauté d’agglomération de la Riviera française depuis le 8 avril 2026
Cette accumulation de mandats locaux et nationaux dessine une élue qui n’a jamais cessé d’avancer, échelon après échelon.
Députée des Alpes-Maritimes, de 2022 à sa démission en 2026
Le 19 juin 2022, Alexandra Masson bat la députée sortante Alexandra Valetta-Ardisson avec 56,2% des voix au second tour. Deux ans plus tard, après la dissolution de l’Assemblée nationale, elle est réélue dès le premier tour avec 56,3% des suffrages, un score qui traduit un ancrage local solide dans sa circonscription.
À l’Assemblée, elle siège d’abord à la commission du Développement durable et de l’Aménagement du territoire, puis rejoint celle des Affaires étrangères en 2024, où elle devient référente pour son groupe. Elle préside également le groupe d’amitié France-Italie, un rôle qui prend tout son sens vu la proximité géographique de sa circonscription avec la frontière italienne. Ses combats à l’Assemblée portent sur le contrôle migratoire, la laïcité dans les services publics, et plus largement sur les thématiques régaliennes chères à son parti. En 2026, elle démissionne de son mandat de députée, une décision logique puisqu’elle ne peut cumuler ce siège avec ses nouvelles fonctions mentonnaises.
De la campagne municipale à l’écharpe de maire de Menton
Sa candidature à la mairie de Menton se dessine dès 2025, dans un climat où plusieurs listes de droite se disputent le terrain, dont celle portée par Louis Sarkozy. Elle termine en tête du premier tour, puis remporte le second avec 49,1% des voix, devançant les listes menées par Sandra Paire et Florent Champion. Le conseil municipal l’élit formellement, et elle devient ainsi la première femme à occuper le fauteuil de maire de Menton.
Menton, coincée entre Monaco et la frontière italienne, pose des enjeux particuliers : sécurité, attractivité économique, coopération transfrontalière. Ces priorités, elle les affiche sans détour depuis son élection. Loin des salles de conseil, elle aime aussi montrer une autre facette d’elle même, celle d’une femme attachée à la mer Méditerranée, qu’elle présente volontiers comme un ancrage personnel autant que politique. Lors d’une sortie en bateau filmée pour une interview, elle se décrit comme une mère amoureuse de la mer, une image qui humanise la figure institutionnelle qu’on associe généralement à elle.
Vie privée et image publique d’Alexandra Masson
Son divorce d’Olivier Bettati a marqué une page personnelle qu’elle évoque peu publiquement, préférant se concentrer sur son rôle de mère et d’élue. Cette discrétion tranche avec l’image parfois caricaturale de femme forte du RN que certains médias lui accolent depuis son élection à l’Assemblée.
Après l’attaque au couteau survenue à Annecy en 2023, elle avait tenu un discours jugé moins radical qu’attendu pour une élue de son parti, preuve que sa communication ne se réduit pas à des lignes toutes tracées. Aujourd’hui installée à la mairie de Menton, elle porte un mandat qui l’oblige à composer avec toutes les sensibilités de sa ville, loin des seuls clivages nationaux. Reste à voir si cette élue, passée en quelques années d’un cabinet d’avocat au perchoir municipal, saura transformer son ascension fulgurante en gestion durable.












































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