Olivier Besancenot : Quel est le patrimoine et la fortune réel de l’ex-candidat du NPA ?
Imaginez un instant. Vous êtes devant le guichet de La Poste, dans le 18ème arrondissement de Paris. L’homme qui vous tend votre recommandé, c’est celui-là même qui a récolté plus de 1,4 million de voix à l’élection présidentielle. Cette image, déjà surprenante, cache une question que beaucoup se posent : combien gagne vraiment Olivier Besancenot ? Quel patrimoine a accumulé cette figure de l’extrême gauche française ? Entre les déclarations officielles affichant 37 000 euros et les rumeurs folles circulant sur internet évoquant des millions, voire des milliards de dollars, nous avons décidé de démêler le vrai du faux. Préparez-vous à découvrir des chiffres qui détonent, des polémiques montées en épingle et surtout, une réalité bien plus prosaïque que les fantasmes véhiculés.
Les déclarations officielles de 2007 : un patrimoine de 37 000 euros, vraiment ?
Les faits sont là, consignés noir sur blanc lors de la campagne présidentielle de 2007. Olivier Besancenot déclare officiellement un patrimoine net de 37 000 euros. Ce chiffre correspond à ce qu’il avait déjà remboursé sur son prêt immobilier, sachant que le capital total de son emprunt s’élevait à 277 640 euros. Concrètement, il possédait à l’époque un appartement de 55 m² dans le 18ème arrondissement de Paris, acquis en copropriété avec sa compagne depuis 2004. Ajoutez à cela une Peugeot 106 achetée en 2001 et vous avez fait le tour de son patrimoine. Aucune valeur mobilière, aucun portefeuille d’actions, aucun compte offshore.
Ce qui frappe, c’est que pour un homme politique parisien en pleine lumière médiatique, ces 37 000 euros semblent presque dérisoires. Tandis que d’autres candidats de 2007 affichaient des patrimoines atteignant plusieurs centaines de milliers d’euros, voire dépassant le seuil de l’ISF, Besancenot se situait très loin de ces standards. Son salaire déclaré ? 1 000 euros nets par mois pour son activité de facteur à La Poste. Vous lisez bien : mille euros. Pas de quoi s’envoler pour les Bahamas entre deux meetings.
La double casquette : facteur et militant, combien ça rapporte vraiment ?
Parlons chiffres concrets. Olivier Besancenot travaillait à 80% à La Poste de Neuilly-sur-Seine, du mercredi au samedi, ce qui lui rapportait environ 1 000 euros mensuels. Mais voilà, ce n’était pas sa seule source de revenus. Les lundis et mardis, il se consacrait à son engagement politique au sein de la LCR, puis du NPA. Pour cette activité, il percevait environ 800 euros par mois, soit les deux cinquièmes du salaire d’un permanent politique à l’extrême gauche. Total mensuel : 1 800 euros pour quelqu’un qui faisait régulièrement la une des journaux télévisés.
Ce système de rémunération mérite qu’on s’y attarde. À l’extrême gauche, les permanents politiques ne roulent pas sur l’or. Le principe repose sur une forme de militantisme professionnel où les revenus restent volontairement modestes, en cohérence avec le discours anticapitaliste. Entre 1999 et 2000, Besancenot avait touché un salaire légèrement supérieur lorsqu’il était attaché parlementaire d’Alain Krivine, environ 2 500 euros par mois. Mais même là, il en reversait la moitié à la LCR, ne conservant que 1 250 euros. Comparez ces montants avec le salaire moyen d’un cadre parisien et vous comprendrez pourquoi son train de vie interroge moins que celui d’autres figures politiques.
L’appartement parisien qui dérange : entre Barbès et fantasmes
Voici où le bât blesse. Dès 2007, une polémique éclate autour de la localisation exacte de son logement. Certains médias et internautes ont parlé d’un appartement situé dans le quartier chic de Montmartre, près du Sacré-Cœur. L’image véhiculée ? Celle d’un révolutionnaire de salon vivant dans un quartier huppé. Sauf que la réalité est tout autre. Son appartement se trouve en réalité beaucoup plus près de Barbès, un secteur populaire du 18ème, bien loin du tourisme et des cafés branchés des Abbesses.
Cette confusion géographique n’a rien d’anodin. Entre Barbès et Montmartre, le prix au mètre carré peut facilement varier du simple au double, voire au triple. En 2004, lorsque Besancenot achète son bien, le quartier de Barbès reste abordable pour un primo-accédant avec un prêt classique. Rien à voir avec les sommes astronomiques qu’il aurait fallu débourser pour un appartement équivalent dans le Montmartre touristique. Tentons d’y voir clair avec les éléments vérifiés :
- Ce qui est vrai : Un appartement de 55 m², acheté en copropriété en 2004, situé dans le 18ème arrondissement de Paris, secteur Barbès
- Ce qui est faux : Un logement dans un quartier huppé, un train de vie somptueux, une fortune cachée derrière des montages financiers
Cette polémique révèle surtout notre fascination malsaine pour l’argent des politiques. Nous voulons absolument qu’ils soient riches et corrompus ou pauvres et saints. Besancenot, avec son appartement modeste dans un quartier populaire, ne rentre dans aucune de ces cases caricaturales, ce qui visiblement dérange.
Besancenot milliardaire : anatomie d’une fake news devenue virale
Accrochez-vous, car nous entrons dans le royaume de l’absurde. Sur certains sites internet, vous pouvez lire qu’Olivier Besancenot possède une fortune estimée à 185 millions de dollars, avec un salaire annuel de 10 millions de dollars. Oui, vous avez bien lu : cent quatre-vingt-cinq millions. Selon ces sources douteuses, il aurait hérité d’une femme très riche et vivrait dans un hôtel particulier à Neuilly-sur-Seine. Si c’était vrai, nous serions face au plus grand paradoxe de l’histoire politique française.
Ces chiffres délirants proviennent de sites à clickbait qui copient-collent des informations sans la moindre vérification. Le mécanisme est bien rodé : on invente une fortune colossale, on ajoute quelques détails croustillants, et on laisse la rumeur se propager sur les réseaux sociaux. Hoaxbuster et d’autres sites de fact-checking ont démontré point par point l’inanité de ces affirmations. La LCR elle-même avait dû publier un communiqué détaillant le patrimoine réel de Besancenot pour démentir ces calomnies, souvent issues de réseaux d’extrême droite.
Réfléchissons un instant. Si Besancenot était vraiment milliardaire, pourquoi diable continuerait-il à travailler quatre jours par semaine à La Poste pour 1 000 euros par mois ? Il serait le pire capitaliste de l’histoire, incapable de profiter de sa fortune. Cette fake news illustre parfaitement comment la désinformation prospère en ligne, surtout lorsqu’elle touche des personnalités politiques clivantes.
2025 : où en est son patrimoine aujourd’hui ?
Soyons honnêtes : depuis 2007, Olivier Besancenot n’a publié aucune déclaration de patrimoine officielle. Normal, il n’est plus candidat à l’élection présidentielle. Mais nous pouvons faire des estimations raisonnables en nous appuyant sur quelques données concrètes. Son appartement de 55 m² dans le 18ème, acheté en 2004, a forcément pris de la valeur avec l’inflation immobilière parisienne. Même dans le secteur de Barbès, les prix ont sensiblement augmenté en vingt ans.
Si l’on considère qu’il a probablement terminé de rembourser son prêt immobilier initial de 277 640 euros, son patrimoine net pourrait aujourd’hui se situer entre 200 000 et 300 000 euros, principalement constitué de la valeur de son bien immobilier. Ajoutons à cela une possible épargne accumulée au fil des années, bien que ses revenus soient restés modestes. Côté revenus, il continue vraisemblablement à travailler à La Poste, avec une rémunération qui a dû évoluer avec l’ancienneté et les revalorisations salariales de la fonction publique.
| Élément patrimonial | Estimation 2025 |
|---|---|
| Valeur appartement 55 m² (18ème arrondissement) | 250 000 à 350 000 euros |
| Patrimoine net probable (après remboursement crédit) | 200 000 à 300 000 euros |
| Revenus mensuels estimés (Poste + éventuelles activités) | 1 500 à 2 000 euros |
Assumons le côté spéculatif de ces chiffres. Sans données officielles récentes, impossible d’être catégorique. Ce qui est certain, c’est qu’Olivier Besancenot est devenu moins visible médiatiquement depuis le déclin du NPA et la fragmentation de l’extrême gauche française. Son influence politique a décru, mais son mode de vie, lui, semble être resté fidèle à ce qu’il a toujours affiché.
Ce que son patrimoine révèle vraiment de sa cohérence politique
Posons la question qui fâche : peut-on être anticapitaliste avec un appartement parisien ? Certains y verront une contradiction insurmontable. D’autres rétorqueront que vivre dans la pauvreté absolue n’est pas une condition sine qua non pour dénoncer les inégalités. Le débat sur les révolutionnaires de salon n’est pas nouveau et traverse toute l’histoire de la gauche radicale. De Karl Marx vivant dans le confort bourgeois grâce au soutien d’Engels, jusqu’aux intellectuels du XXème siècle critiquant le capitalisme depuis leurs appartements parisiens, les exemples ne manquent pas.
Mais comparons objectivement. Face aux patrimoines de plusieurs millions d’euros de nombreux responsables politiques, face aux revenus cumulés, aux mandats multiples et aux positions dans des conseils d’administration, le train de vie d’Olivier Besancenot reste objectivement modeste. Il n’a jamais cumulé les mandats, n’a jamais profité des avantages matériels du pouvoir, n’a jamais converti sa notoriété en fortune personnelle. Son appartement dans le 18ème n’a rien d’un palace, ses revenus de facteur le placent dans la classe moyenne inférieure parisienne.
Alors oui, on pourrait lui reprocher de ne pas vivre dans une HLM de banlieue. On pourrait exiger qu’il reverse l’intégralité de ses revenus à la cause. On pourrait souhaiter qu’il vive dans l’ascétisme total pour être parfaitement crédible. Mais voici notre conviction : le vrai problème n’est peut-être pas son patrimoine, mais notre obsession à vouloir que les militants vivent dans le dénuement complet pour être légitimes. Comme si la pauvreté était un prérequis moral pour critiquer l’injustice sociale. Cette exigence révèle davantage nos propres contradictions que les siennes.
Sources
Pour rédiger cet article, nous avons consulté plusieurs sources fiables permettant de vérifier les informations relatives au patrimoine d’Olivier Besancenot. Wikipedia France propose une biographie complète avec les données factuelles vérifiées. 20 Minutes a publié en 2007 un article détaillé sur le patrimoine des candidats à la présidentielle. Le Figaro a également couvert les déclarations officielles de cette période. Le site Hoaxbuster a démontré les rumeurs circulant sur internet. Challenges proposait un comparatif du patrimoine des différents candidats. Enfin, Europe Solidaire Sans Frontières avait publié une analyse détaillée du patrimoine de Besancenot face aux campagnes de diffamation dont il faisait l’objet.












































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